Martin Salemi avait surpris tout le monde lors de la sortie de son premier disque « Short Stories ». Avec son nouveau trio (Boris Schmidt et Daniel Jonkers) et avant l’enregistrement d’un prochain album, le pianiste nous propose une musique intense aux mélodies accrocheuses qui vont du swing aux ballades, tout en combinant les influences d’un jazz résolument moderne.

Sous ses airs nonchalants et pince-sans-rire, le pianiste Martin Salemi emmène son trio, avec tempérament, au cœur d’une musique qui voit large. Salemi a le sens de la narration et possède les arguments pour convaincre tout le monde à le suivre. Il faut dire qu’il peut compter sur une rythmique soudée et complice (Boris Schmidt à la contrebasse et Daniel Jonkers aux drums) qui est aussi, sans nul doute, l’un des secrets de cette réussite. Car il s’agit bien ici de dialogues, d’échanges de points de vue et surtout de liberté. Avec Martin Salemi, on sait presque toujours d’où l’on vient (une touche bossa, une pointe d’orient, un soupçon de pop et du swing partout), mais on se sait jamais vraiment où l’on va. Le pianiste aime prendre les contrepieds, ne pas être là où on l’attend. C’est cela qui rend sa musique aussi variée que très personnelle. Nos trois musiciens installent avec malice des mélodies ciselées et exploitent au mieux les harmonies et les respirations. Et puis ça explose, comme un trop-plein, comme une excitation soudaine et irrépressible. Et l’on sourit de plus belle. Et l’on bat du pied. Ce jazz est une bouffée d’air pur et de bonheur constant, tant dans les moments vifs que plus introspectifs. C’est simplement du plaisir à partager. Pourquoi s’en priver ?