Quand ça doit swinguer, il faut que ça swing. Alors pourquoi y aller par quatre chemins ? Si vous avez une furieuse envie de taper du pied ou de claquer des doigts, laissez-vous embarquer par le saxophoniste italien Filippo Bianchini et sa bande. Biberonné au hard bop et inspiré par les plus grands (de Rollins à Lovano en passant par Gordon ou Henderson) Bianchini ne manque ni d’énergie ni d’idées. Car le saxophoniste a aussi assez de tempérament pour imposer son propre style. Il sait propulser son groupe, l’entraîner très loin et puis le lâcher pour laisser ses complices profiter de beaux espaces qu’ils rempliront de solos pleins d’esprit. Chacun d’eux est au taquet, prêt à sauter dans le vide, à relancer, à répondre. C’est du hard bop en plein !  Cela demande une cohésion parfaite pour que ça fonctionne. Et ça fonctionne car la rigueur autant que la souplesse sont au rendez-vous. Assurés par Igor Spallati à la contrebasse et par Armando Luongo aux drums, les intervention de Nicola Andrioli (p), comme celle de Jean-Paul Estiévenart (tp), sont précises, tranchées et claires, et ne peuvent que mettre en valeur le son chaud et enveloppant de Bianchini. Le leader sait aussi se faire plus romantique dans certaines compositions et cela sans jamais céder au maniérisme. Ça pétille comme autant de bulles d’un champagne qu’on vient de sabrer. Alors, si vous avez en tête les clubs de jazz new-yorkais où l’énergie vous regonfle après une journée difficile, c’est ici qu’il faut être. C’est brillant, optimiste et ça fait un bien fou au moral.


Sound of Beauty (September, 2018)