Trompettiste incontournable de la scène belge, Jean-Paul Estiévenart s’est taillé une sacrée réputation. Insatiable et éternel insatisfait, il n’hésite jamais à se remettre en question. Avec son nouveau quintet, il enregistré un fabuleux album, « Strange Bird », encensé par toute la presse internationale (il a reçu également l’Octave de la Musique) qu’il présente sur scène cette année. Immanquable !

Assister à un concert de Jean-Paul Estiévenart, c’est comme assister au jeu de la vérité. Le trompettiste profite de la scène, où il se sent vraiment chez lui, pour y balancer tous ses sentiments : ses rages, ses bonheurs, ses indignations, ses réflexions. La conversation à bâtons rompus entre les cinq musiciens est sans concession, les échanges d’idées fusent et sont débattues avec ferveur. Au trio de base auquel il nous a habitué, Jean-Paul Estiévenart a ajouté un piano (Nicola Andrioli) et une guitare (Romain Pilon) : deux instruments harmoniques, comme pour adoucir des couteaux trop aiguisés. Mais rassurez-vous, l’intensité est toujours bien présente car il y a mille et une manières de faire passer les messages forts. Et à ce jeu-là, Estiévenart n’est pas du genre à se cacher. S’appuyant sur les fondamentaux de la Great Black Music, le trompettiste et ses amis, jamais à court d’idées ni d’arguments, ramènent tout à un jazz bien actuel et totalement en phase avec son époque. Estiévenart défend sa conception de la vie, des rapports humains et des sentiments. Tout est vrai chez lui. Alors, ça gratte, ça chatouille, ça caresse… mais surtout, ça réveille tous les sens.