Amis dans la vie, Pascal Mohy, Sam Gerstmans et Quentin Liégeois n’ont eu de cesse de travailler ensemble leurs instruments en écoutant les grands du jazz. Ils se sont ainsi imprégnés de toute son histoire. Chaque mois, à L’An Vert à Liège, ils ont officialisé leurs jams et organisé des concerts « Slow session » sur base de standards bien choisis. C’est ce qu’ils présentent aujourd’hui.

Tout va bien trop vite dans ce monde et l’on passe parfois à côté de l’essentiel. Alors, le trio Mohy, Liégeois et Gerstmans (piano, guitare et contrebasse), revient en douceur sur les grands thèmes du bop, du hard ou du cool jazz. Il s’attarde sur la mélodie, met en évidence quelques phrases passées trop vite dans nos mémoires et prend un peu de recul pour les remettre dans leur jus. A partir de là, le trio extrapole et enrichit le propos. Il revient sur les thèmes, les phrases et s’interroge sur leurs sens. Et on les redécouvre. On a l’impression de faire partie d’un groupe d’amis qui évoque les souvenirs et partage des émotions enfouies. Bien sûr, parfois, la conversation s’enflamme et l’adrénaline monte. En cela, le phrasé de Pascal Mohy fait des merveilles, les riffs de Quentin Liégeois font des étincelles et la pulse de Sam Gerstmans attise l’excitation. Jamais le trio n’imite ses grands anciens, mais révèle l’essence même de leurs thèmes immortels. Nous voilà plongés au cœur du jazz des années cinquante que l’on écoute avec une oreille neuve. Et c’est jubilatoire.