© Delphine Gilson

Après avoir joué en tant que sideman pendant une dizaine d’années au sein de nombreux projets (Urbex, LG Jazz Collective, Fabrizio Cassol Conference of the Birds ou Typh Barrow, entre autres), le bassiste Félix Zurstrassen vient enfin de sortir un premier album, « Nova », sous son propre nom. Entouré de Nelson Veras, Antoine Pierre et Ben van Gelder, il livre une musique pleine de sincérité et d’humanisme.

Félix Zurstrassen est un amoureux des mélodies qui peuvent évoluer et onduler au fil du temps. Il est comme l’arbre qui pousse en s’accommodant des saisons. Avec son projet Nova, le bassiste électrique a préparé un terreau fertile qui permet à chacun des musiciens qui l’accompagne de révéler le meilleur d’eux-mêmes. Il s’est entouré du guitariste franco brésilien Nelson Verras, à qui il laisse de beaux espaces pour y développer son jeu si particulier, et le saxophoniste Ben Van Gelder, invité à donner encore plus de souffle aux compositions. Et bien sûr, il peut aussi compter sur le drumming toujours inventif et foisonnant d’Antoine Pierre. La musique de Félix Zurstrassen se raccroche autant à la terre qu’aux astres. En effet, il l’a nourrit de différentes influences qui s’étendent de Steve Coleman à Brad Mehldau. Il mélange le cérébral et le feeling, la force et la douceur, les racines et l’indicible en quelque sorte. Felix est à la croisée des chemins entre un jazz complexe (comme on peut le dire d’un vin riche), de musiques plus contemplatives (comme une terre en repos qui se régénère d’elle-même) ou de jazz plus léger, frais et brillant (comme un courant d’air). Un concert de Félix Zurstrassen se vit comme on contemple un paysage qui change au rythme du vent, du soleil et des nuages. Au rythme de la vie.