© Anty-D

Nouveau trio pour Joachim Caffonnette à l’occasion de la sortie de son troisième album. Entouré cette fois d’une paire venue des Etats-Unis – ou y ayant vécu très longtemps – (Jasen Weaver à la contrebasse et Noam Israeli à la batterie), le pianiste propose un tout nouveau répertoire mêlant standards et compositions personnelles. Bien entendu, on retrouve toujours le lyrisme mêlé à cette pointe d’amertume et de noirceur qui font la signature du musicien belge. Pour lui, la musique se doit d’avoir un sens et, tant que faire se peut, doit pouvoir délivrer un message. On se souvient de « Vers l’Azur Noir », dédié à la mémoire des migrants disparus en Méditerranée et, en général, aux victimes de la folie d’un monde déshumanisé. Le jeu raffiné de Caffonnette, qui s’appuie sur la tradition des grands trios (de Evans à Mehldau en passant par Monk), est aiguillonné par ceux, fébriles et affirmés, du contrebassiste et du batteur. Ceux-ci apportent une dose de fraîcheur et un supplément de spontanéité à l’ensemble. Du coup, le trio semble vouloir aller plus directement à l’essentiel, et cela pour notre plus grand plaisir. Entre émotion délicate et improvisations tempétueuses, le groupe sait tenir en alerte son public du début à la fin. Et ça, c’est irrésistible.