© Roger Vantilt

Après un premier disque et des dizaines de concerts en quintet, le pianiste Joachim Caffonnette est revenu au trio avec qui il a sorti, en 2019, un album fort remarqué (« Vers l’Azur Noir »). Il s’est entouré, pour cette tournée, du batteur Jean-Baptiste Pinet du contrebassiste Soet Kempeneer.

Joachim Caffonnette est un poète, un rêveur. Et comme tout poète, sommeille en lui une fêlure. Ce n’est pas pour rien si le précédent album de son excellent trio fait référence à un poème de Rimbaud aux vers un peu sombres. Sous couvert de poésies musicales, Caffonnette nous fait prendre conscience des inégalités et des injustices de ce monde. La plupart de ses compositions sont d’ailleurs dédiées à la mémoire des migrants disparus en Méditerranée et aussi, en général, aux victimes de la folie d’un monde déshumanisé. Pour garder l’auditeur en alerte, le pianiste alterne les moments introspectifs à d’autres, franchement swinguants. Au fil des ans, Joachim Caffonnette a développé son propre langage et a tissé des liens solides avec le contrebassiste Soet Kempeneer et le batteur Jean-Baptiste Pinet. Il en résulte des compositions excessivement bien ourlées et taillées sur mesure qui oscillent entre un esprit tachiste ou impressionniste et parfois hyperréaliste. Sous une musique que l’on pourrait croire lyrique et sensuelle, couve des sentiments exacerbés. La poésie sert à cela, le jazz aussi.