© Luiza Rauleac

Le duo est né de l’envie d’explorer des intérêts communs : les musiques d’Ellington, de Monk, l’improvisation libre, le contrepoint et autres peintures sonores. Concrétisé par un premier disque en 2018, « Prima Scena », Mathieu Robert et Mario Ganau reviennent partager leur nouveau répertoire, toujours empli de musique apaisante, d’émotions et de poésie.

Voilà, le temps est suspendu. Faite une pause, ne précipitez rien. Imaginez-vous allongé dans l’herbe à regarder un microcosme s’agiter lentement. Mario Ganau, le pianiste sarde et Mathieu Robert le saxophoniste belge, vous entraînent dans un voyage immobile, intimiste et minimaliste. Un voyage entre silences et mélodies qui se laisse le temps de la divagation. L’équilibre est parfait. La musique du duo se fait aussi délicate qu’un voile de tissu qui flotte au gré de la brise. Le piano pourrait évoquer les clapotis de l’eau tandis que le sax semblerait virevolter comme un papillon. Vous naviguez entre lyrisme et onirisme. Et vous êtes bien. Vous le sentez ce frisson qui vous parcours l’échine, qui vous donne la chair de poule, qui vous plonge presque dans une mélancolie douceâtre ? Vous le goûtez ce jazz de chambre qui balance doucement ? Alors vous voilà les yeux mi-clos, pour mieux entendre les délicates nuances de cette musique inspirée et inspirante. Tout est mouvement, tout est déplacement en légèreté. Et vous ne demandez qu’une chose, prolonger le voyage.